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Graveur sur pierre

Un des plus vieux métiers des hommes qui pour prendre conscience de leur être ont éprouvé le besoin de marquer leur identité, leur histoire, leur idéal... sur différents supports tels le bois, l’os, la pierre... par des signes, des images, pour aboutir à l’alphabet, écriture permettant d’exprimer des notions abstraites, la pensée, des idées. « Graver un nom c’est lui donner la vie ».
La pierre étant le support le plus pérenne, la plus vieille matière du monde contenant la mémoire des temps, pour le désir de durer.

Tous nos alphabets, les formes d’écritures alphabétiques que nous consommons au quotidien sont le prolongement de la Capitale, née de la pierre il y a plus de 2000 ans, elle-même dans le prolongement de l’Égypte, de Summer et de la Grèce.

L’art de graver la pierre passe par une connaissance technique de la matière ainsi que par l’étude de la paléographie, et une maîtrise du dessin des lettres. Art abstrait par excellence, la typographie n’existant pas dans la nature, expression directe de l’homme, dessin des formes et des contre-formes (le plein et le vide) pour traduire la pensée abstraite.
Une lettre n’est rien qu’un son que l’on dessine, qui assemblées donnent des mots qui eux-même forment des phrases pour enfin exprimer des idées. Le choix des formes dessinées donne la couleur du verbe, l’intonation, le caractère souhaité.
Le trait gravé (glyphe) est en V pour permettre à l’ombre et à la lumière de donner la vie aux caractères, ainsi que pour une meilleure pérennité, alliant message et émotion, beauté sans ostentation. C’est l’essence de la parole qui est ainsi restituée

La technique du sablage (découpe préalable assistée par ordinateur d’un pochoir), utilisée aujourd’hui par des « professionnels » à but essentiellement lucratif et n’ayant pas le plus souvent de sensibilité typographique, permet de gagner du temps et de l’argent au détriment de la qualité et de la durée. Sur les inscriptions par jet de sable la magie de la lumière ne s’effectue pas et leur durée dans le temps est moindre ; d’autant plus que les logiciels informatiques proposent un foisonnement de formes typographiques utilisées à tort et à travers générant une « pollution » typographique, reflet de notre société.
Ce qui ne devrait être qu’un super-outil prend le dessus sur le sens de la vie, impliquant le plus souvent un travail sans conscience ni connaissance du métier. Évolution ? L’homme n’a-t-il pas deux mains prolongées par son cerveau ? L’ordinateur est peut-être incontournable, il doit rester à sa place en tant que super-outil, et non pas au détriment du sensible, du beau, de la conscience, du savoir-faire et du savoir-être.

Le métier de graveur sur pierre sollicite une grande sensibilité ainsi qu’une endurance physique certaine, mêlant à la fois poésie et technique. Métier aujourd’hui en survie, surtout en France, l’espoir d’un réveil des consciences se faisant sentir, peut-être par le biais du Compagnonnage (centres de formation) y a-t-il la possibilité d’une renaissance de ce métier en France ?
Une formation de tailleur de pierre en amont est vivement souhaitée.
Le graveur de pierre est aussi tailleur d’images, soit en synthétisant le sujet par des lignes plus ou moins fines gravées sur la surface du support, soit selon des techniques de basse taille tels le rilievo-schiacciato (aplati), ou l’in cavo-rilievo (relief en creux) dont l’image est sculptée dans la pierre mais ses points les plus hauts sont toujours au même niveau que la surface du support (gravure égyptienne).

Domaines d’application : l’art funéraire est ce qui vient en premier à l’idée de ce métier et c’est souvent ce qui dérange, la notion de mort étant tabou, l’homme ayant peur de l’inconnu. Mais la mort fait pourtant partie de la vie. C’est à ce moment que l’humain peut se poser les questions : « Qui sommes-nous ? D’où venons-nous ? Où allons nous ? » La conception d’un monument funéraire ou simplement d’une inscription doit demander réflexion, car devant un tel édifice, tout modeste soit-il, va s’opérer une alchimie faisant partie du plus profond de l’être : l’affectif. Et le tic-tic du ciseau rythmant la vie de ces lieux paisibles...
Bien d’autres domaines d’applications font partie du paysage social : signalétique, patrimoine, gravure d’art... inscrire tout ce qui ne doit pas être oublié, dans la conscience du plaisir de la beauté, pour grandir le Cœur de l’Homme.

Rencontres possibles au sein de l’UC : le Pays Rodolphe Giuglardo à Brive et le Pays Roger Gorrindo à Lyon.

« Les inscriptions sur pierre sont un appel à l’attention :
le regard est appelé par une vibration de lumière, un mouvement, une certaine beauté.
La lettre gravée ça s’entend, comme un chant de flûte au loin.
On dresse le regard comme on dresse l’oreille,
on cherche à éveiller le regard comme on éveille la conscience aux sonorités les plus fines ».

Jean-Claude Lamborot
Compagnon tailleur de pierre des Devoirs

« Quelques plaisirs que j’ai eu dans mes voyages
à voir une statue ou un monument de l’Antiquité.
J’en ai encore d’avantage à lire une inscription bien faite.
Il me semble alors qu’une voix humaine sorte de la pierre,
se fasse entendre à travers les siècles
et s’adressant à l’homme au milieu des déserts
lui dise qu’il n’est pas seul ».

Bernardin de Saint-Pierre

Cayennes
de formation
Brive
Lyon
Union Compagnonnique
des Compagnons du Tour de France Des Devoirs Unis
15 rue Champ Lagarde 78000 VERSAILLES
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