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Les Couleurs

Il est notoire que l’histoire de l’humanité et, au cours des temps des sociétés, collectivités, ou groupes d’individus qui l’ont caractérisée, a été structurée par une conception générale du Divin, et, en conséquence par des religions ; ces religions se sont, toutes, concrétisées par l’usage des symboles, qui , en dehors de toute écriture, ont transmis, de générations en générations, les concepts moraux et sociaux initiés par ces religions, et qui étaient innées dans l’inconscient humain. Il est notoire que notre monde méditerranéen et occidental a été profondément marqué par une culture moyen-orientale, transmise de proche en proche depuis des tribus sémites diverses, mais majoritairement Juives. Au XIIIe siècle, un érudit juif, Mnémonide, exprima et expliqua dans un ouvrage remarquable, la Kabbale, la pensée philosophique hébraïque originelle, d’où ont issues, finalement, toute notre culture et notre pensée, même si des philosophes grecs « archaïques » , Platon, Aristote, sont mieux connus comme fondateurs de cette culture, alors qu’eux mêmes, furent imprégnés de la mystique des peuples sémites proches. La Kabbale, véritable opus de la symbolique, révéla la nature des nombreux symboles de la religion et de la philosophie juive ancestrale ; parmi ceux-ci , il aborde le sens des perceptions sensibles du domaine visuel des Couleurs. Dans une partie de cette mystique, abordant le sens des Couleurs, il insiste sur l’importance de la Lumière qui révéla le réel de notre existence et notre essence même ; les couleurs, avec leurs nuances variées, jouent un grand rôle dans cette révélation, à mesure que « l’invisible » tend vers la réalité visible, et prend de ce fait, une apparence de plus en plus perceptible à l’œil. Tout d’abord, apparaît le Noir, puis le Blanc, et puis, se conçoit l’incolore ; le Noir est considéré comme un néant face à la Lumière primordiale infinie, le Blanc, lui, contient toutes les réalités apparentes, sans que l’on puisse les démêler, mais aussi, elle suscite « l’incolore » en tant « qu’impénétrable ». Le Blanc, nous apprend la physique « moderne » est composée de toutes les couleurs fondamentales, et puis de leurs nuances ; cette composition, en analyse, est représentée par l’arc en ciel ; ce dernier, en fait , est considéré comme fait de sept couleurs ; mais allant du Bleu au Rouge, en comportant une infinité de nuances, le mélange, les confondant, recompose le Blanc. Alors, la mystique, tout en en connaissant sept couleurs, n’en retient, symboliquement, que celles qui lui sont « naturelles » au travers de la sensibilité de l’œil humain : le Vert, le Rouge, le Blanc. Ces trois couleurs, définitivement, dans la mystique, sont considérées comme « fondamentales », symbolisant Deux Contraires, le Vert et le Rouge, et le « Médiateur » : le Blanc. Le Blanc représente la Grâce, la Foi, et le Vert, l’union des deux la Grâce et la Justice. Pour la mystique originelle hébraïque, ces trois couleurs symbolisent aussi les Trois Patriarches : le Vert représente Abraham dont est issu Ismaël, l’ancêtre des Arabes, qui, pour cette raison, ont adopté la Couleur Verte comme leur couleur religieuse et nationale ; le Rouge représente Isaac, l’ancêtre d’Edom, c’est à dire Rome, et pour cette raison il est devenu la couleur des Cardinaux Catholiques romains, alors que, par antinomie, les Arabes y voit le symbole de Satan. Quant au Blanc, symbole de l’innocence, il est la symbolique de Jacob. La mystique juive, pourtant, y a ajouté une autre couleur qu’elle a appelé le Saphir, comme couleur également fondamentale ; et ainsi, elle distingue Quatre couleurs fondamentales : le Vert, le Rouge, le Blanc et le Saphir, et elle y fait correspondre les Quatre Bêtes, de la vision d’Ézéchiel ; elle considère que ces couleurs sont les couleurs essentielles de l’Univers, selon sa philosophie. Les Suffites , dit l’histoire, caractérisaient les différents degrés de la « Contemplation » par des couleurs : « Le Contemplatif passait successivement par la vision du Vert, du Bleu, du Rouge, du Jaune, du Blanc, du Noir, et au septième degré, il ne voyait plus rien, c’était l’absorption complète en DIEU, comme celle d’une goutte d’eau, qui, tombant dans la mer, perd son existence individuelle et conquiert une existence infinie ». Au Moyen Âge, l’Alchimie faisait une grande place au symbolisme, et au mysticisme des Couleurs : la pierre philosophale unit en elle, selon l’alchimiste Kalid, toute la variété des couleurs fondamentales ; elle est blanche, rouge, verte, noire , jaune et c’est pour cela que le chimiste Stalh, dans ses études sur l’Alchimie, considérait que les vitraux rouges et verts des églises essayaient de rendre les couleurs de la pierre philosophale. Nous avons vu apparaître, ainsi, dans la mystique philosophique juive, des nombres singuliers liés étroitement aux couleurs et à l’histoire sémitique : les Trois couleurs de base, le Vert, le Rouge, le Blanc, puis les Quatre couleurs fondamentales, le Saphir ; le Noir y est présent comme une couleur négative, symbolisant la NON-EXISTANCE, le NEANT ; et symboliquement, et en accord avec la Physique « moderne », les Sept couleurs de l’Arc-en-Ciel qui en se confondant composent, le Blanc. Ces nombres, Trois, Quatre, Cinq et Sept, vont exprimer, au plus haut degré, un symbolisme qui va être historiquement appréhendé par différentes collectivités appartenant à notre culture occidentale méditerranéenne. Tout d’abord, nous les retrouvons dans le compagnonnage corporatif, avec les couleurs correspondantes, le Vert qui symbolise pour lui l’espoir, le Rouge, l’accomplissement, et le Blanc, la perfection ; trois Couleurs symbolisant le parcours dans la connaissance approfondie de son métier, par le néophyte qui a reçu la Lumière, au début de son apprentissage ; il voyage de ville en ville avec son « carré », passeport l’identifiant en tant qu’« Initié », papier plié aux Quatre coins ; il lui faut avoir travaillé dans Sept villes, pour être reçu en Rouge. Nous retrouvons cette symbolique dans d’autres Associations, d’ordre philosophique, avec un symbolisme différent. Et dans la Religion chrétienne qui a imprégné notre Culture initiale, nous retrouvons la Trinité, puis les Quatre marches précédant les Trois autres pour accéder à l’autel(1) ; enfin, chaque fête religieuse est marquée par une couleur différente des habits sacerdotaux du prêtre officiant ; enfin, la hiérarchie cléricale de cette même église se marque, comme nous l’avons dit ci-avant, par une couleur différente, dont la symbolique s’apparente à la symbolique juive ; noir pour les prêtres simples, à parements verts autrefois pour les chanoines, Violet pour les évêques, rouge pour les Cardinaux, blanc pour le Pape, berger suprême du troupeaux des fidèles. Jusqu’à notre société moderne, la couleur exprime les mêmes concepts : le Vert indique la liberté de circuler, le rouge, l’interdiction absolue de passer ; ce sont les mêmes symboles, perpétués, puisque l’orange, nuance entre les deux couleurs de l’Arc-en-Ciel, implique une liberté restrictive, limitée, comprise par tous. Partout, dans notre monde humain, les Couleurs sont utilisées pour symboliser des concepts propres à notre espèce ; cette symbolique, instructive, a trouvé son origine, en ce qui nous concerne dans notre culture méditerranéenne, dans les tribus sémites orientales méditerranéennes, où nombres et couleurs, intimement liés, nous ont été transmis, d’Orient en Occident... Mais c’est une autre histoire... Pays Robert Bailly Poitevin Va de Bon Cœur C. Charpentier D.D.U. (1) P.S. En religion chrétienne « moderne », il y a seulement 5 marches pour accéder à l’autel : 3 pour accéder de la nef au chœur, et 2 pour accéder du chœur à l’autel ; c’est une autre symbolique.

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